Jeudi 10 décembre 2009
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Eh oui, aujourd'hui est le jour de mon anniversaire par lequel je rentre dans une nouvelle décennie.
Déjà un demi-siècle d'existence, et cela ne me fait ni chaud ni froid.
Ou plutôt je suis heureuse d'y arriver telle que je suis, plus sereine, plus mure sans être pour autant plus adulte.
Ou plutôt, pour paraphraser le grand Jacques, il m'a fallu bien des efforts pour vieillir sans être adulte ...
Je me suis affirmée, trouvée, pendant cette décennie qui fut celle de grands changements dans ma vie, marquée par des virages à 180°, beaucoup d'expériences -pas toujours agréables- et une grosse remise en question, tant personnelle que professionnelle.
Je peux affirmer que j'ai grandi tout en, paradoxalement, retombant dans une certaine légèreté : j'ai acquis un certain lâcher-prise et me suis débarassée des carcans qui m'étouffaient depuis toujours.
J'ai également vécu beaucoup de bonnes choses et osé, enfin, être moi : si vous me connaissez vous savez que je renâcle depuis toujours devant les obligations souvent imbéciles qui nous sont imposées par nos contemporains au nom de préjugés divers et stupides ou du "qu'en dira-t-on ?".
Au contraire, j'aime choquer les "braves" gens, ou plutôt les secouer, leur montrer que le monde est vaste en dehors de leurs petites peurs, de leurs petits acquis, de leur éducation qui leur font (subir et faire) tant de mal autour d'eux par intolérance.
Ainsi je me suis faite encrer plusieurs fois (et je ne remercierai jamais assez cherettendre de ce beau cadeau qui me permit de réaliser mon rêve de toujours), j'ai posée nue pour un livre d'art, j'ai brisé quelques uns des tabous idiots de notre société, tel m'habiller jeune, ou plutôt sans subir les diktats de la mode liés l'âge ou à la morphologie...
En effet, je n'ai jamais tant joué avec mon apparence, alternant (ou superposant) mini-jupes, stilettos, lingerie, rangers, stetson, cuir, usant et mélangeant de tous les codes féminins (et masculins) et le tout, sans jamais me prendre au sérieux, au contraire.
Et ce, sans jamais m'occuper de mon âge : je me refuse de ma cantonner aux tenues sages portées par la plupart des quinquagénaires (bon, je n'en étais pas encore officiellement une hier encore, mais rien ne va changer dans ma vie après cet anniversaire).
Pour moi, la mode est un devenue grand champ d'expériences et de plaisirs sans cesse renouvelés, plus qu'à 20 ans où je m'habillais le plus souvent "chic", "dame", bref, "coincée"...
Ainsi, je ne sens pas mon âge : je n'ai pas (comme me le confiait belle-maman) toujours 20 ans dans ma tête, mais plutôt la maturité de la trentaine, mélangée avec l'insouciance de la dizaine.
J'ose... tout ce qui me plaît (et me va, quand même !), sans aucune concession aux rumeurs.
Mieux ! Je suis certaine d'être maintenant cataloguée dans ma ville comme l'excentrique de service, qui ne rentre dans aucun moule ni ne respecte aucun code.
J'ai compris qu'il fallait se faire plaisir, en se respectant ainsi que ceux qui nous entourent, mais surtout, surtout ne pas tomber dans la rigorité qui est souvent le lot de nos concitoyens.
Ainsi, combien de femmes m'ont dit "j'aimerais bien... comme toi, mais je n'ose pas".
Quel dommage ! Mainstenant que j'ose, justement, je m'éclate et ce d'autant plus que je vois les mines compassées ou réprobatrices de ceux qui osent me juger.
De même, j'apprécie (et surtout vois !) les sourires de ces messieurs qui se retournent sur mon passage, petits plaisirs que je peux maintenant savourer que j'ai accepté mon corps et ses défauts.
Paradoxalement, c'est alors qu'il est le moins beau que je l'aime le plus : je l'ai apprivoisé, je vois sa beauté alors qu'auparavant, peu sûre de moi, j ene voyais que ses petits défauts, amplifiés à l'extrème.
Maintenant je m'AIME ! Et c'est BON !
Ceci dit, je vous rassure, je reste dans les limites de la bienséance, mais avec ce petit décalage qui gène tous ceux qui subissent leur âge, leur religion, leur entourage, leur éducation, leur... la liste est longue.
Il faut dire que j'ai la merveilleuse chance d'avoir un compagnon à la fois mari, amant, confident, et encore tellement plus, qui n'essaie pas de me réduire comme beaucoup à sa simple mesure et éducation.
Ou plutôt lui aussi s'est élargi et affranchi de ce qu'il trouve stupide, s'est bonifié avec le temps passé (serait-ce mon influence ? (;o)).
Ainsi, il sera le premier a me pousser à me réaliser, à oser... parce qu'il m'aime.
Pire (ou plutôt mieux), il verra avant moi ce qui m'est nécessaire, ce qui me permettra de passer un cap dans mes angoisses ou autres limitations et me poussera à le tenter pour me réaliser encore plus et mieux.
Merci mon amour, de tout ce temps passé à mes côtés, de tous tes efforts pour me permettre d'être celle que je suis maintenant. Celle qui t'aime encore et toujours au bout de toutes ces années.
Au moins, nous ne nous ennuyons pas !
Par Cybione
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Publié dans : La première gorgée de bière et autres plaisirs ..
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