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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:00

Eh oui ! Il fallait bien s'y attendre un jour : notre  système de retraite par répartition est exsangue.

Créé en 1941 par le régime de Vichy, il était  basé sur la solidarité intergénérationnelle .

La Sécurité sociale, créée en 1945 conforta ce système.

A cette époque, il  y avait , fin de guerre oblige, non seulement plus d'actifs que d'inactifs, mais surtout un grand boom économique (début des trente glorieuses).

Mon père me disait qu'à cette époque, en quittant son travail le matin l'on en en retrouvait un autre dans la journée.

 

Mais les temps ont bien changé, la démographie a explosé, de même que le chômage,  alors que le taux d'emploi diminuait (attention à ne pas confondre, d'ailleurs le taux d'activité avec le taux d'emploi).

 

Quelques chiffres :

en 1941

population : 39 421 000

taux de chômage : environ 2% pendant les 30 glorieuses en Europe de l'Ouest (sources wikipedia)

 

en 1975

population : 52 600 000

taux de chômage : 3.5 %

taux d'emploi : 66.2 %

 

en 2008

population : 62 130 519

taux de chômage : 7.4 %

taux d'emploi : 64.8 %

 

en 2010

population :  62 793 000 francais

 

pour arriver à cela  :

 

Retraite par répartition

Un régime de retraite par répartition est basé sur la solidarité entre génération : en effet les cotisations versées par les salariés actifs sont immédiatement réparties entre les salariés retraités.

Ce mécanisme de retraite par répartition repose sur le repport dépographique entre cotisants et retraités :

Année Cotisants Retraités Rapport démographique
1975 13,0 4,1 3,14
1980 13,4 5,0 2,68
1985 12,9 5,9 2,21
1990 13,7 7,3 1,88
1995 14,1 8,8 1,61
2000 15,4 9,7 1,59
2005 16,6 10,7 1,55
2008 17,3 11,9 1,45

On voit bien, à la lecture de ce tableau, qu'en 30 ans le rapport démographique a été divisé par 2, d'ou les difficultés grandissantes a financer les retraites par répartition.

sources : site perp-perco.fr

 

 

 

D'autres facteurs rentrent également en cause : l'allongement des études et de la durée de la vie qui augmentent le déséquilibre actifs/inactifs : de moins en moins d'actifs cotiseront pour de plus en plus d'inactifs (étudiants, chômeurs, retraités).

 

Donc, en près de 70 ans, les cotisants actifs ont vu leur nombre baisser par rapport au nombre de retraités inactifs (source INSEE).

En 1970, il y avait 3 actifs qui cotisaient pour un retraité, pour 2 maintenant, et 1.5 projetés en 2050 :

 

taux-actifs-inactifs.jpg

 

 

Donc, la pression s'est faite de plus en plus forte, les cotisations des actifs servant à "payer"  les retraites des inactifs.

 

Pire, cette situation de déséquilibre a été mathématiquement accélérée par la diminution en 1982 de l'âge légal de la retraite de 65 ans à 60 ans.

 

Attention ! Je ne parle pas ici de l'aspect humain, social ou politique de cette réforme, mais simplement mathématique : du jour au lendemain, ce sont des milliers de personnes qui ont quitté le marché du travail, évolution bien visible sur la courbe ci-dessus qui amorce une descente vertigineuse.

 

Tout bon gestionnaire vous dira que lorsque l'on augmente brutalement les dépenses (retraites à payer), il faut compenser en augmentant les recettes (cotisations), ce qui n'a pas été fait à l'époque.

 

De même, les gouvernements successifs, de gauche comme de droite ont laissé pourrir la situation, n'osant s'attaquer à cette véritable bombe politique qui aurait signé leur fin immédiate.

 

Maintenant, il faut justement trouver ces recettes et si possible en n'augmentant pas la pression fiscale sur les couches les plus fragiles de la population : les cotisations en baisse ne suffisent plus à payer les retraites, et la situation ne risque que de s'aggraver, les derniers baby boomers arrivant dans quelques années à l'âge fatidique de 60 ans.

 

Un rapport du Sénat prévoie d'ailleurs le vieillissement inéluctable de la population : nous sommes actuellement à 2.1 enfants par femme, mais il est prévu que ce taux baisse... de combien ? les ménages attendant de plus en plus tard pour concevoir.

 

En % de la
population totale

Proportion des plus
de 60 ans

Proportion des plus
de 65 ans

 

(1)

(2)

(3)

(1)

(2)

(3)

1990

19

19

19

13,9

13,4

13,9

2005

20,8

21,1

16,3

16,5

16,7

16,3

2020

26,8

28,0

25,8

20,6

21,6

19,9

2050

33,7

38,7

29,8

28,0

32,1

24,8

(1) Hypothèse de fécondité de 1,8 enfant par femme.

(2) Hypothèse de fécondité de 1,5 enfant par femme.

(3) Hypothèse de fécondité de 2,1 enfants par femme.

 

 

Gros dilemne si le gouvernement  ne veut pas miser sur la retraite par capitalisation, qui privilégierait là encore ceux qui peuvent cotiser (le plus).

Et ce n'est pas un problème de gestion, ou alors de gestions de la natalité, de la santé, de la mortalité, du chômage... que l'Etat providence ne peut pas encore (et heureusement !) gérer.

 

A force de se refiler la patate chaude, il a bien fallu que quelqu'un s'y colle, celle-ci étant en train de se transformer en grenade dégoupillé.

 

Et c'est là que tout coince.

 

Car il faut bien le dire, en France, le poids des lobbies syndicalistes est énorme : tout le monde est d'accord pour trouver de l'argent, mais chez le voisin.

Et l'on arrive à notre situation de régimes spéciaux verrouillés par des syndicats forts : éducation nationale, SNCF, EDF...

 

Et tout le monde se bat sur le principe des acquis, de la pénibilité du travail, voire de la reconnaissance du combat effectué par ces fonctionnaires dans la résistance (cela paraît idiot, mais je vous assure que je l'ai entendu !).

 

Il est vrai, cependant, que leur travail  a pas mal évolué depuis la création de ces régimes spéciaux et n'a plus guère à voir avec leurs conditions originelles.

 

D'autre part, la pénibilité de certaines autres professions moins représentées syndicalement (car moins nombreuses) n'est pas forcément reconnue : demandez à un carreleur qui a les genoux pleins d'arthrose ou à un ouvrier d'usine qui travaille debout en 3, 4 voire 5 "8" à la chaleur ou au bruit ce qu'il en pense ?

 

Je me demande pourquoi, au lieu de défendre chacun son pré carré, on ne peut pas arriver à une remise à plat du système sur des bases plus justes ?

 

Par exemple en créant une grille  prenant en compte TOUS les facteurs de pénibilité, quelque soit la profession, comme par exemple  :

- fatigue physique et psychologique,

- position de travail (debout),

- conditions de travail (froid, chaleur, bruit, insalubrité...),

- risques (armée, sécurité),

- stress,

- horaires (nuit),

- cycle de travail (décalé d'une semaine à l'autre), etc...

 

Ainsi, l'on pourrait arriver à sérier les degrés réels de pénibilité et appliquer une remise correspondant au degré "d'usure" du futur retraité, sans s'occuper de son syndicat ou ministère d'origine.

 

De même, pourquoi ne pas taxer toutes les indemnités diverses et variées reçues par nos dirigeants et autres politiques de tout poil ?

Bien que nommées différemment, ces sommes sont quand même bien une rétribution pour services rendus.

De même que les stocks options distribuées en fin d'année aux personnels méritants des banques et autres grandes sociétés.

 

Les résultats du capital vont être taxés : pourquoi pas ?

Mais qu'est-il réellement entendu dans ce mot ?

 

Les économies laborieusement acquises au cours d'une vie et placées en assucrances-vie, actions ou immeubles de rapport ou les grosses sociétés s'enrichissant par effet de boule de neige ?

 

Car j'ai bien peur que là aussi les mieux nantis soient les moins taxés.

 

Comme d'habitude.

 

 

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Published by Cybione - dans Coups de gueule
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commentaires

Sylvaine 01/06/2010 20:43



J'admire l'équilibre de tes raisonnements toujours logiques, et surtout dénués de partisanerie (rarissime !!). Aussi douée en lettres qu'en chiffres, quel talent ...



Cybione 03/06/2010 09:14



Merci, ça me va doit au coeur parce que, justement, c'est que j'essaie de faire.


Tu me fais rougir !



fée des agrumes 31/05/2010 22:04



Certains ne demandent qu'à travailler alors qu'ils sont en pleine fleur de l'âge, bien des handicapés aussi et que dire des femmesau temps partiel subi?.. et pourtant, les portes se ferment
continuellement.


Ne serait- ce pas une espèce de colmatage régulier pour sauver les retraites des électeurs du moment?


je prends la fuite devant ces problèmes, à l'âge de ma retraite, l'idée même existera t-elle encore?


J'avoue ma lassitude.



Cybione 01/06/2010 11:56



Eh oui, notre société n'est pas égalitaire, mais que veux-tu ?


Et tu ne parles pas du handicap de la capagne où le travail est plus rare.