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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 10:49

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Passés sur le blog de My Major Company (MMC), site participatif d'édition, pour soutenir le projet de Guillaume Bailly, talentueux auteur du blog Requiem 29 (dont j'ai déjà parlé), j'ai atterri sur le concours organisé par ce site et dont l'énoncé était :

Qu'est-ce qu'un NO LIFE pour vous ?

 

Voici ma réponse :

 

Etre un no life man, c’est choisir le monde dans lequel vivre, sentir et ressentir, un monde virtuel dans lequel règnent amour et compréhension à son égard et dont il connaît les règles -puisque c’est lui qui les crée, ou tout au moins les accepte en toute connaissance de cause.


D’ailleurs, il peut en changer facilement s’il le désire, et ainsi vivre dans le monde parfait correspondant à ses attentes du moment, loin des tracas et du stress qui lui sont imposés par la réalité et ses pressions continuelles.


Et il vous dira que, qui sait si les autres personnes non câblées ne vivent-elles pas elles-mêmes dans le monde imaginé par quelqu’un d’autre ?
Car qu’est ce que la réalité sinon un codage des stimuli reçus par notre corps par nos sens et notre cerveau ?


Et en ce sens, pourquoi qualifier son « other life » de « no life », puisque pour lui, sa vie est aussi riche, variée, et pleine de contacts humains que la vôtre ?
Seulement sa réalité est virtuelle, et seul son cerveau y participe, laissant de côté son corps -parfois jusqu’à la mort.


A quand l’émergence d’une nouvelle religion dont les adeptes seront reliés à un ordinateur pour vivre 24h sur 24 dans leur monde virtuel, alors que les servants s’occuperont des corps de ces nouveaux ermites, prêts à communier sur un autre plan ?

 

Pour ma défense (;o)), je pourrais vous dire que j'ai moi-même un otaku (ado branché sur son ordi toute la journée) à la maison en la personne de fiston, avec lequel j'ai eu quelques conversations très intéressantes sur ce thème que je connaîs bien, étant passionnée de SF, notamment de cyberpunk (on est en plein dedans, là...).

 

Alors... ont-ils réellement tort de vouloir vivre une vie rêvée ?


Certes, ils laissent ainsi de côté leur corps et ses contingences matérielles, ainsi que la Vie telle que nous la concevons, faite d'évènements sur lequels nous n'avons que peu de prise (et encore.. mais c'est une autre problématique qui n'a pas sa place ici) et qui nous apporte joies et peines.

Mais lorsque l'on analyse leur motivation, n'est-ce pas ce que nous recherchons tous au fond de nous ?

Le BONHEUR ?

 

Mais nous avons accepté, fruit de notre éducation (surtout religieuse) que celui-ci était (obligatoirement) assorti de beaucoup de peines et d'obstacles, d'où notre fuite, à nous aussi les adultes, dans des paradis artificiels.

Mais au lieu d'être cybernétiques, ils sont tout simplement chimiques : il n'y a qu'à regarder la consommation des benzodiazépines et autres anti-dépresseurs, sans parler de l'alcool, du tabac et autres drogues légales ou pas.

 

Et n'est-ce pas une autre manière pour nous de fuir la réalité que de nous plonger dans des émissions télé abêtissantes et abrutissantes, dans internet (n'est-ce pas, vous qui me lisez ?), ou encore dans la lecture de livres qui nous déconnectent de la réalité ?

 

Alors, à tous ceux qui les vilipendent au lieu d'essayer de les comprendre, je pose la question :

"Ne font-ils pas, tous ces jeunes (et moins jeunes) qui se réfugient dans des univers imaginaires, ce que vous recherchez vous-même ?"

 

Et ils y réussissent mieux que vous et moi. Ne serait-ce la cause réelle de ce rejet à leur égard ?

Et si la solution était de les y rejoindre, pour (enfin !) vivre ensemble -et en paix- de belles aventures ?

 

Quelque part, n'est-ce pas l'utopie ultime ?

Car, quel intêret de passer des heures à travailler pour gagner de l'argent pour payer des loisirs pour profiter de la vie ?

C'est en réalité une fuite en avant, déjà dénoncée par nombre de philosophes !

 

Ici, c'est le stade ultime du "vivez pauvre pour vivre heureux", puisque l'otaku est définitivement éloigné de toute contigence matérielle.

Trop, peut-être, en effet, puisqu'il peut aller jusqu'à en oublier de se nourrir, se laver, dormir... pris, qu'il est, par son implication dans des aventures palpitantes qui le font se sentir plein de vie.

 

Certes, ses proches en souffrent (moi la première), ne comprenant ni n'acceptant son refus de partager "notre" réalité et désespérant de ce renfermement.

 

Peut-être qu'une mutation profonde de la société est en marche, les richesses intellectuelles (ou virtuelles) devenant aux yeux de ces jeunes hommes et femmes plus importantes que les richesses réelles de la vie elle-même.

Quoique, dans des univers virtuels tels Second life, double de notre société,  les grandes marques se positionnent déjà.

 

Il faut d'ailleurs noter que la population masculine est beauxcoup plus touchée : peut-être parce que nous autres femmes sommes plus ancrées, de par notre corps même, à la réalité par ce besoin de reproduction qui est le gage de survie d'une espèce.

 

Car, à moins d'inventer des matrices de remplacement, notre espèce risque de péricliter si hommes et femmes décident de plus en plus de vivre virtuellement.

Quoique ce problème ne touche que nos sociétés riches.

Alors, ne pourrait-ce être la aussi un mode de sélection naturel ?

 

Seul, l'avenir nous le dira....

 

Illustration du site "second life" provenant de FlickR

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Published by Cybione - dans Science-fiction
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commentaires

Tydruk 28/09/2011 22:44



Bonjour,

C'est complètement par hasard que je suis tombée sur ton blog (enfin, d'un blog à l'autre) et sur cet aricle en particulier.


Je pense que par certains égards je fais partie de ceux et de celles que tu appelles les otakus, les geeks pour d'autres. J'ai joué à des jeux en ligne pendant des années (les fameux mmoprg et
j'y joue encore par moments à 32 ans) et cela sans compter les heures. Rassure-toi, je n'ai jamais oublié de me nourrir, j'ai réussi mon diplôme de fin d'études et j'ai un travail plutôt très
correct, pas de drame dans ma petite vie en gros.

Et pourtant, je dois convenir qu'il y a pas mal de vrai dans ce que tu dis sur la recherche du bonheur sinon d'un moyen de contrôler notre entourage (bien plus facile à faire dans un jeu dont
l'univers est limité par un certain nombre de règles et la plateforme technique).

Mais il y a aussi autre chose. La possibilité de rencontrer d'autres personnes ayant les mêmes centres d'intérêt, de discuter avec des collégiens ou des grand-pères (eh oui !) et enfin de trouver
de nouveaux amis d'abord virtuels et avec un peu de chance irl (in the real life). Pas si différent que cela de tout ce qui se passe dans le blogosphère ou sur les forums de tous genres.

Et j'irai encore plus loin en affirmant que le fait de jouer pendant des heures n'est pas plus étrange que de passer le même temps à regarder la télé (un autre moyen d'évasion bien plus
consensuel dans notre société), tout dépend du contenu qualitatif qu'on veut donner à son jeu ou qu'on cherche à la télé. En poussant encore plus loin, les romans, le cinéma ou n'importe quelle
autre activité ludique peut être conçue comme la fuite devant la dure réalité. La limite entre une approche seine et une dépendance étant souvent mince... Modération.

Enfin, je voulais te dire merci pour cet article bien plus nuancé que la plupart des avis qu'on peu lire sur les jeux et le virtuel.

J'ai également lu ton dernier message et sans te connaître j'aimerais tout simplement te souhaiter bon courage pour la suite.

Tydruk



Cybione 29/09/2011 09:37



Bonjour Tydruk, et merci pour ton message-témoignage.


Je ne voulais pas généraliser en parlant de ces personnes qui se sont déconnectées de la rl au point d'en mourir, mais cette triste anecdote m'était restée à l'esprit, et je voulais montrer 
l'on pouvait aller très loin dans cette immersion -de même qu'avec toutes les autres drogues !!!


Comme tu le dis si bien, où est la limite entre plaisir et dépendance ?


 


Je suis heureuse pour toi, que tout se passe bien dans ta vie : je serais heureuse que tu puissses expliquer "de l'intérieur" ta nouvelle approche de ces jeux, maintenant que tu sembles t'en être
un peu détaché : qu'y recherchais-tu, et qu'y recherches-tu  maintenant ?


 


Sinon, en effet, je pense que la réalité virtuelle n'est pas beaucoup différente que la rl pour celui qui s'immerge dedans, à ceci près qu'il s'agit d'un monde parallèle, totalement déconnecté de
notre monde réel.


Et, comme tu le dis, et je me répète, chacun choisit son monde d'évasion, plus ou moins riche, plus ou moins intéressant... pour les autres (perso je HAIS la télé et ses émissions trash/TV
réalité/ultraviolence/mièvrerie dont elle nous abreuve) et plus ou moins prenant.


Quelle différence y a-t'il entre un légume avachi des heures durant dans son canapé devant sa télé et un fondu de mmoprg (Massively Multiplayer Online Role Playing Games pour
les autres lecteurs) ?


Pas grand chose, si ce n'est qu'il nous semble rester dans notre réalité et être à notre portée.


 


Je te remercie également de ton merci ^^, mais j'essayais simplement de comprendre mon fils (et ses copains), au-delà de l'exaspération d'une mère face au mur que présente un
joueur totalement immergé (et par ailleurs, être fondue de SF aide à élargir son champ de vision !).


Et c'est en parlant avec lui qu'il m'a expliqué sa vision du monde (pourri), son bien-être d'être avec ses copains dans une quète héroïque. Il est vrai que le monde actuel ne nous permet plus
d'actes chevaleresques ou aventureux, et qu'il continue à vivre "presque pour de vrai" les rêves que nous avons abandonnées pour la plupart : être le héros intrépide ou le preux chevalier qui
sauve la princesse et son monde.


 


Dans ce cas, pourquoi l'en (vous) en blâmer ?


Je fais strictement la même chose en me plongeant dans mes livres !


Mais, m'y immergeant moins, mon interface avec la réalité est plus fragile, et me permet d'y revenir plus facilement, ce qui est moins dérangeant pour mon entourage.


 


Mais peut-être est-ce là aussi la source de la frustration des proches : se sentir mis à l'écart et ne pouvoir partager ce monde dans lequel vit le joueur. Cela, plus la peur irraisonnée qu'il y
ait là dedans quelque chose que nous ne puissions contrôler, vérifier, dont nous ignorons s'il est sans dangers pour notre joueur bien-aimé.


 


Ceci  dit, il m'est arrivé de fermer un livre et de me sentir hébétée en me retrouvant basculée dans la réalité, tellement je m'étais plongée dans l'univers imaginaire de l'auteur.





Sur ma demande, Fiston m'a même inscrit à
WOW, mais d'une part, je n'ai guère eu temps, courage et intérêt à la chose vu le contexte familial, et d'autre part il y joue tant que je n'aurais pu me loguer sous son
identifiant.


 


Sinon, cela va mieux, preuve que la chimie influe sur nos neurones !