Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Me Contacter

  • : The Cybione
  • The Cybione
  • : Le vie est belle ! Chroniques de la vie qui passe...
  • Contact

Fréquentation

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog 

Locations of visitors to this page


  Il y a eu visiteurs depuis sa création.

 



Rechercher

Texte Libre

Archives

17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 16:17

Je participe au concours organisé par le blog La cuisine de Bernard, qui nous demande de lui raconter nos meilleurs et pire souvenirs culinaires.

 

J'y ai posté ce petit texte (remanié ici pour cause de répétitions), souvenir d'une expérience partagée avec cherettendre, alors mon petit copain, invité par des cousins en visite chez nous.

 

 

Je pourrais dire que mon meilleur souvenir de cuisine est également mon pire...

 

C'était dans les années 70, à l'orée de la nouvelle cuisine, alors que de nouveaux restaurants émergeaient, forts d'une gastronomie révolutionnaire.

 

Habitant le sud de la France, nous recevions des membres parisiens de notre famille qui, pour nous remercier, avaient prévu de nous inviter dans un nouveau restaurant qui venait de se monter à Nice, chaudement recommandé dans un article élogieux (qu'ils avaient soigneusement découpé).

Ils se faisaient une joie de nous faire découvrir ce restaurant que nous, pourtant de la région, ne connaissions pas, tout heureux de ce futur grand moment gastronomique.

 

Et nous voilà, après réservation, y allant endimanchés et curieux, voire fébrile en ce qui me concerne : alors adolescente, j'avais (enfin !) la possibilité de découvrir ces fameux plats, bien éloignés de la cuisine "traditionnelle", lourde et roborative, qui était de mise dans les restaurants que fréquentaient mes parents (qui, je dois l'avouer, privilégiaient la quantité au raffinement).

 

Le cadre était délicieux, la table jolie, le service raffiné : surprise, un petit pain nous était posé délicatement sur notre assiette, au lieu de la traditionnelle corbeille.

Puis vint le moment des commandes : qu'il était difficile de choisir entre tous ces plats aux noms précieux qu'il fallait nous faire expliquer !

 

Pendant l'apéritif, une petite assiette d'amuse-gueules nous fut proposée  : le repas commençait bien !

 

Cependant, le service se faisait attendre, mais quelle stupeur quand vinrent les plats.

Délicieux, certes, comme annoncé, ils péchaient néanmoins par leurs portions plus que congrues : quelques bouchées étaient artistiquement présentées, voisinant avec une feuille de salade esseulée ou une rondelle de carotte pochée.

 

Je me souviens quant à moi de quatre tranches de boudin noir au riz et au basilic, spécialité locale, dont le goût me ravit, chaque bouchée explosant en bouche et délivrant des parfums de basilic, ainsi que de quatre (quatre, là encore !) gambas grillées, servies avec un beurre manié (et deux cuillers de riz).

Puis d'une quenelle de glace, accompagnée d'une tuile faite maison, dont le goût de beurre était rehaussé par un craquant sucré, presque caramélisé.

 

C'était la révolution dans mon palais : je découvrais une cuisine parfumée, délicate, dans laquelle saveurs et parfums se répondaient, telle une symphonie orchestrée de main de maître...

Tout un monde d'expériences s'entr'ouvrait devant moi : une révélation !

 

Mais le pire restait à venir : la FAIM !

Oui, vous avez bien lu, car les plats, quoique jolis ne suffisaient pas à nourrir quiconque, même la jeune fille malingre que j'étais.

 

Pire, le serveur, d'un air hautain, avait refusé de nous resservir en pain, arguant que cette cuisine se suffisait à elle-même ; il avait d'ailleurs sous-entendu que les béotiens que nous étions ignoraient que le pain n'était qu'un léger accompagnement, nullement destiné à rassasier les convives.

 

Bref, nous repartîmes l'estomac aussi vide que le portefeuille de notre cousin, car l'addition était inversement proportionnelle à la quantité de nourriture ingérée.

Tant et si bien, qu'à peine sortis (en plein milieu d'après-midi, car le service avait été très long), nous nous précipitâmes tous dans le bar le plus proche pour commander des sandwiches que nous dévorâmes avec appétit.

 

Quel curieux (et drôle !) tableau devait faire cette belle brochette d'affamés, tous sur leur trente-et-un, attablés au zinc d'un petit bistrot et dévorant à pleines dents des sandwiches maison.

Le tout en vitupérant à qui mieux mieux contre le restaurant d'à côté !

 

Vous rirez certainement, mais, voilà plus de trente ans, cette cuisine (et ce raffinement) étaient encore inconnus du commun des mortels.

Inutile de vous dire que mes parents ne remirent jamais les pieds dans des restaurants gastronomiques vantés par les magazines...

 

Quant à moi, je continue à apprécier (et cuisiner) ces petits plats raffinés.

Heureusement, je ne suis plus jamais sortie de table en ayant faim !

 

 

Et comme je l'écrivis plus tard à Bernard :


J'ai plein d'autres souvenirs de plats délicieux, mais ce moment fut l'un des "grands"  moments de ma vie culinaire, celui de la découverte du meilleur et du pire que peut receler la cuisine : des plats délicieux, cuisinés par un chef mesquin.


Il ne m'a jamais fait oublier qu'au delà du plaisir procuré, la cuisine a néanmoins pour but premier de rassasier ses convives !


Partager cet article

Repost 0

commentaires

jardin zen 04/01/2011 11:56



mdr ....quand il faut courir après 3 pauvres petits pois se pouyrsuivant dans une asiiette grande comme un stade ....cela donne faim !!
je vais aller voir le blog de bernard
bizzzzzzz et belle année en écruture



Cybione 04/01/2011 14:40



Merci ma grande : à toi aussi (ainsi qu'a C), je souhaite une bonne et heureuse année 2011 !


Le blog de Bernard vaut en effet le détour : une merveille !


Bizz et à bientôt !



fée des agrumes 18/12/2010 12:06



hihi, ça me ramène à mon premier étoilé à Nancy d'où je suis sortie également affamée!!! les moules frites du lendemain étaient bien plus gaies et rassasiantes!!!



Cybione 22/12/2010 12:03



Comme quoi, la présentation ne fait pas tout...