Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Me Contacter

  • : The Cybione
  • The Cybione
  • : Le vie est belle ! Chroniques de la vie qui passe...
  • Contact

Fréquentation

Il y a actuellement    personne(s) sur ce blog 

Locations of visitors to this page


  Il y a eu visiteurs depuis sa création.

 



Rechercher

Texte Libre

Archives

5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 07:59

5323060450_25747c9642.jpgPhotographie tprovenant de Flickr

 


Je sens que je vais me faire rouspéter par Domamido, qui préfère me voir écrire des articles légers, plutôt que réalistes dénoncant le monde absurde dans lequel nous vivons.

 

Un scandale (encore un !) de médicaments dangereux tient actuellement les media en haleine : celui du Mediator, médicament coupe faim destiné aux diabétiques commercialisé par les laboratoires Servier en 1976.

 

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, voici l'historique  écrit par Catherine Gouëset dans l'Express le 14/12/2010, lisible dans sa totalité ici :

" ...

1996 : un article du Pr Lucien Abenhaim dans le New England Journal of Medicine met en cause l'Isoméride.  

1997 : l'Isoméride est retiré du marché français après la découverte de complications à type d'hypertension artérielle pulmonaire dès 1995 et d'anomalies des valvules cardiaques en Juillet 1997.  

1998 : les autorités sanitaires suisses, qui ont noté que le Benfluorex est "chimiquement apparenté" aux anorexigènes de type fenfluramine (Isoméride), posent des questions au laboratoire concernant les risques potentiels de son produit. 

Premier doutes sur le Mediator

1999 : un médecin, le Dr Chiche, fait une première déclaration d'insuffisance aortique chez un patient ayant reçu du Médiator. Une fois ingéré dans l'organisme, le Benfluorex produit le même composé toxique que l'Isoméride. 

2001 : Le Mediator, remboursé à 65%, est proposé au déremboursement. Déjà en 1999, le médicament était jugé inefficace par la commission chargée d'évaluer l'intérêt médical des traitements: "Le niveau de service médical rendu [du Mediator] est insuffisant au regard des autres médicaments ou thérapies disponibles pour justifier sa prise en charge", notaient les experts (médecins, pharmaciens et spécialistes de santé) dans un avis du 19 novembre 1999. Le même verdict sera réitéré par la commission en mai 2006. Il sera pourtant été remboursé au taux plein par la sécurité sociale jusqu'à son retrait en 2009. 

2003 : premier cas de valvulopathie liés à la prise de Mediator signalé en Espagne. Il conduira, en 2005, au retrait du produit dans ce pays mais aussi en Italie.  

2005 : dans une proposition de résolution, des sénateurs s'interrogent sur les agences chargées d'évaluer les médicaments; "Les experts de l'Afssaps [Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé] exercent bénévolement leur activité d'évaluation; ils sont rémunérés de fait par les laboratoires pour lesquels ils effectuent des prestations", note les sénateurs.  

2006 : au CHU de Toulouse, le professeur Jean-Louis Montastruc identifie une atteinte de valve cardiaque chez une personne traitée.
Avril : un document de trois pages, révélé par le Canard enchainé, est remis à la Commission de la transparence de la Haute Autorité de la santé. Il indique que le Benfluorex est "responsable de sévères effets secondaires, notamment cardiaques".
Mai : la Commission rend son avis officiel: sans évoquer la dangerosité du médicament, elle conclut qu'il "ne présente pas de d'intérêt en terme de santé publique". Mediator continue pourtant d'être remboursé à 65%.
Juin : un article de Prescrire, journal médical indépendant, déplore que le Mediator demeure en circulation. Le journal signale 17 observations d'hypertension artérielle pulmonaire liées à la prise du médicament.  

2007 : l'indication du Mediator est restreinte aux seuls diabétiques. Une étude réalisée en 1998 indiquait que 35 % des prescriptions s'adressaient majoritairement à des femmes non diabétiques.  

Octobre 2008 : un nouvel article de la revue Prescrire rapporte le cas d'une patiente présentant une atteinte de plusieurs de ses valves cardiaques, ayant conduit à une chirurgie cardiaque, sans qu'aucune autre cause soit connue, y compris médicamenteuse.  

Le retrait du marché

Novembre 2009 : 33 ans après sa commercialisation et dix ans après la première alerte de déclaration de pharmacovigilance, l'Afssaps suspend l'autorisation de mise sur le marché du Benfluorex, Mediator et deux génériques. Au moment du retrait, 300 000 personnes sont sous traitement en France, et 2 millions en ont pris.  

2010, le scandale éclate

12 mai : une patiente opérée d'une valvulopathie attaque les laboratoires Servier devant une chambre civile du tribunal de Nanterre. Cette femme a été traitée au Mediator pendant presque sept ans.  

3 juin : Irène Frachon publie le livre Mediator 150 mg. Combien de morts ? retitré quelques jours plus tard en Mediator 150 mg : sous titre censuré. Les laboratoires Servier ont obtenu, le 7 juin la censure du titre par le tribunal des référés de Brest.  

12 juin : plusieurs dizaines de personnes reçoivent un courriel du président de l'Afssaps. Ce message, dont L'Express a eu copie, accable l'auteure de l'ouvrage: "Elle fait vivre son narcissisme à travers son livre qui est l'oeuvre de sa vie".  

23 juin : le député Gérard Bapt (PS), membre du groupe d'évaluation des politiques de santé et par ailleurs cardiologue, soulève le problème du Mediator à l'Assemblée et met en cause des conflits d'intérêts dans les comités d'experts de l'Afssaps. Vois sa chronique "Mediator, combien de morts?"  

25 juin : le tribunal de grande instance de Nanterre examine la plainte d'une patiente de 60 ans contre Servier. Pour perdre dix kilos, cette femme a pris pendant onze ans de l'Isomeride et du Mediator.  

13 octobre : une étude confidentielle de la Caisse nationale d'assurance maladie révélée par Le Figaro estime que le Mediator serait responsable de 500 à 1000 décès en France.  

16 novembre : le ministre de la Santé Xavier Bertrand et l'Afssaps recommandent à "tous ceux" qui ont pris du Mediator de consulter un médecin, "tout particulièrement" ceux qui en ont pris pendant 3 mois au cours des 4 dernières années. 

18 novembre : une plainte au pénal est déposée par deux victimes auprès du parquet de Nanterre. Les plaignants fondent leur action sur la "tromperie aggravée sur la nature, la qualité substantielle et la composition du produit" et la "mise en danger de la vie d'autrui". 

2 décembre : l'Afssaps met en ligne sur son site Internet une lettre invitant les anciens utilisateurs du Mediator à consulter leur médecin afin qu'il recherche "tout symptôme ou signe évocateur d'une atteinte d'une valve cardiaque". 

7 décembre : le groupe PS à l'Assemblée nationale réclame officiellement la création d'une mission d'information parlementaire sur le Mediator. 

14 décembre : une mission d'information est créée à l'Assemblée. 

17 décembre: D'après Le Figaro, l'Agence française du médicament aurait été alertée dès 1998 de la dangerosité du Mediator. 

20 décembre: Les responsables de la Santé qui se sont succédé depuis 1998 se réfugient derrière leur ignorance: ils n'avaient pas connaissance de la dangerosité du Mediator. "

 

Encore un médicament dont les autres pays (et certains de nos médecins) avaient dénoncé les risques mais qui avait continué à être vendu.

Le profit n'a pas de limites, et il semblerait que les pouvoirs publics (en cheville avec les laboratoires ? notre ministre de la santé de l'époque avait travaillé pour eux pendant un temps...) préfèrent couvrir leurs amis industriels, plutôt que de retirer du marché un médicament nuisible.

 

De plus, tout le circuit des médicaments est verrouillé par le lobby de cette industrie profitable.

 

Maintenant, les utilisateurs sont montrés du doigt, presque considérés comme coupables (quelle idée de prendre des médicaments coupe-faim !).

OK, le propos se tient, mais il n'en reste qu'un laboratoire a vendu avec l'autorisation des autorités sanitaires du pays un "médicament" aux effets potentiellement mortels, déjà montrés du doigt par la communauté médicale !

 

Ce n'est malheureusement certes pas la première fois... rappellez-vous des affaires du distilbène dans les années 70.

Aux Etats-unis, il avait fallu quelques mois pour retirer de la vente le distilbène, contrairement à la France qui avait attendu 13 ans, condamnant de nombreuses jeunes filles.

La leçon n'avait pas été retenue, puisque ce cas de figure s'était représenté de nouveau avec le scandale du sang contaminé.

 

 

Il n'en reste que, le 15 décembre dernier,  l'Express a publié une liste de 10 médicaments eux aussi sur la sellette et présentant des risques importants de mortalité pour leurs utilisateurs.

Les textes ci-dessous, auxquels j'ai rajouté des hyperliens, sont tirés de l'article de l'Express :

 

Actos

Molécule : pioglitazone

Indication: traitement du diabète de type 2, dit "gras"

Risques : oedèmes maculaires, fractures osseuses chez les femmes, insuffisances cardiaques.

Laboratoire Takeda Europe Rd Centre

 

 

Adartrel

Molécule : ropinirole

Indication : syndrome des jambes sans repos

Risques : effets indésirables pénibles (nausées, comportements impulsifs, libido exacerbée, hallucinations ou paranoïa) ou plus graves (syncopes), alors qu'il s'agit au départ de résoudre un problème bénin de sommeil perturbé.

Laboratoire Glaxosmithkline

 

 

Di-Antalvic

Molécules : dextropropoxyphène + paracétamol

Indication: antidouleur

Risques : les risques de surdosage, fréquents en cas de douleurs aiguës ou chroniques, peuvent être lourds, allant du trouble psychiatrique et cardiovasculaire... à l'arrêt cardiaque. Alertées par plusieurs centaines d'overdoses mortelles (volontaires ou accidentelles) survenues dans leur pays, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse ont interdit tous les médicaments de ce type il y a plusieurs années.

Laboratoire Sanofi-Aventis France

 

 

Hexaquine

Molécule :  benzoate de quinine, thiamine

Indication : crampes musculaires

Risques : troubles du rythme cardiaque, baisse du nombre de plaquettes, réactions allergiques sévères. Près d'une centaine de morts ont été attribuées à la quinine aux Etats-Unis, où elle n'est plus prescrite contre les crampes depuis 1995.

Laboratoire Gomenol

 

 

Intrinsa

Molécule : patch à la testostérone

Indication : baisse du désir chez les femmes après ablation des ovaires et de l'utérus

Risques : virilisation (pilosité aggravée, voix rauque), acné, troubles hépatiques et cardiovasculaires, prise de poid.

Laboratoire Procter Gamble Ph Uk Ltd

 

 

Ketek

Molécule : télythromycine

Indication : infections respiratoires

Risques : risque d'aggravation d'une myasthénie (faiblesse musculaire), de pertes de connaissance, de troubles visuels, de troubles du rythme cardiaque et d'atteintes hépatique.

Laboratoire Sanofi-Aventis France

 

 

Nexen

Molécule : nimésulide

Indications : arthrose et règles douloureuses

Risques : troubles du foie parfois mortels, connus depuis de nombreuses années. La Finlande et l'Espagne l'ont retiré du marché dès 2002 à la suite de cas d'hépatites fulminantes.

Laboratoire Therabel Lucien


 

 Vastarel

Molécule : trimetazidine

Indications : vertiges, acouphènes, angines de poitrine, troubles du champ visuel

Risques : tremblements, troubles de la marche et des jambes sans repos, syndromes parkinsonien.

Laboratoire Servier


 

Zyprexa

Molécule : olanzapine

Indications : schizophrénie et troubles bipolaires

Risques : obésité sévère, hyperglycémie ou diabèt.

Laboratoire Eli Lilly Nederland

 

 

Zyban

Molécule : Bupropion

Indication : sevrage tabagique

Risques : hypertension artérielle

Laboratoire Glaxosmithkline

 

 

Il est à noter que toutes ces molécules sont aussi commercialisées sous d'autres noms (suivre les hyper-liens) : ces autres médicaments sont-ils aussi nocifs ?

 

Par ailleurs, à part un cas, ils proviennet de laboratoires différents, basés dans divers pays : le protectionnisme "patriotique" est donc moins en cause que la pression du lobby pharmaceutique...

Et comment cela se fait-il que la France, pourtant un pays de pointe dans la recherche, soit le mauvais élève de la classe, prenant des années de retard dans le retrait de ces spécialités ?

 

En attendant, il est conseillé de faire circuler cette liste : mon mari et une amie prenaient couramment du di-antalvic ou son générique : mieux vaut un médicament moins puissant, mais ayant fait la preuve de son innocuité !

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Cybione - dans Coups de gueule
commenter cet article

commentaires

Myrtille 18/02/2011 12:22



Ps pas forcement reconnue aux yeux de tout le corps medical ni de la Justice


dans les malformations dues au DISTILBENE toutes ne sont A CE JOUR reconnues et c'est très choquant !!!


Je me bats ..pour que cela puisse l'etre mais seule je suis bien trop démunie pour que cela puisse aboutir ...


et à ce jour cela ne peut se faire ..si un jour cela pourra se faire d'ailleurs ..


il faudrait que d'autres personnes s'associent mais elles sont toutes dans un 'sale état' ...


Je suis la SEULE DEBOUT .......


mais bon j'attaque sur un autre point qui me touche ...et j'aurais gain de cause mais au bout de combien de temps that is the question ...



Cybione 28/02/2011 09:51



J'avais pourtant antendu parler il y a quelqes années de collectif(s) de victimes qui voulaient relancer l'affaire.



Myrtille 18/02/2011 12:20



eh bien tant mieux pour vous car c'est un vrai drame de vie ..qui ma volé une partie de la mienne ..sans aucune réparation possible ..


et pour le procès si il est possible à ce jour mais pas 'pour ce que je voudrais qu'il soit reconnu' donc je me lance sur 'autre chose' ....qui fait partie de cette erreur medicale ..


Mais je doute que ce soit rapide ..donc il me faudra m'armer de patience ..et de courage ..


mais j'en ai ..sinon je ne serais plus ici depuis tout ce temps là ...


bonne journée à vous !


 



Cybione 28/02/2011 09:50



Bon courage, alors, et n'hésitrez pas à me faire part de vos actions : je les relaierai sur ce blog.



Myrtille 17/02/2011 16:13



Je crains que malheureusement cela ne soit pas le dernier médicament 'à poser problème' ..vu que la santé des personnes passent après le profit financier ...


Il est sur que les sujets plus légers sont préférés ..mais il est bon de ne pas ignorer non plus ce qui existe ..et qui touchent les autres ..


Merci de votre article !


Je suis une 'fille Distilbène' lourdement touchée A VIE !!..


Et un procès PENAL n'est toujours pas possible c'est choquant et oh combien lamentable !!....



Cybione 18/02/2011 09:37



Eh oui, l'argent passe avant tout pour ces industriels corrompus et avides.


Et impossible d'avoir raison devant la justice, c'est cela le plus rageant lorsque l'on est une victime reconnue.


Je suis de tout coeur avec vous : ma mère avait suivi le scandale distilbène lorsque j'étais petite, et j'ai toujours été consciente que j'aurais pu en être une moi aussi.