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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 12:25

Comme vous le savez peut-être déjà, je travaille dans un service de l'Education nationale qui est actuellement TRES malmené : celui de l'information et de l'orientation.

 

A tel point que nos petits centres d'information et d'orientation (CIO) en sont actuellement à couper littéralement les ramettes en 2 pour avoir du papier à mettre dans leurs imprimantes -quand ils peuvent acheter les cartouches correspondantes, les budgets de fonctionnement (déjà dérisoires) étant gelés, que dis-je, fondant au soleil des coupes budgétaires... mais je vous en reparlerai plus tard.

 

Par contre, les missions des conseillers d'orientation psychologues (COP-Psy) qui y travaillent sont de plus en plus transféres sur les professeurs, notamment principaux, qui ne désirent pas avoir un tel surcroît de travail.

 

Je n'ai pu résister au plaisir de vous relayer ici le billet très pertinent écrit par Laure, que j'ai découvert sur un forum professionnel de... COP-Psy.

 

Certes, certains me diront "encore des professeurs qui se plaignent, malgré leur faible nombre d'heures de travail et leur salaire" : c'est en partie vrai pour certains, pas du tout pour d'autres qui consacrent leurs heures disponibles à leur travail (si, si, ça existe, j'en ai rencontrés !).

Sans parler de tous ces jeunes professeurs lâchés (dans tous les sens du terme) dans l'arène du professorat et qui risquent de se retrouver démotivés, sou victimes de dépression et de burn-out. Certes, ils manifestent , mais le public est-il allé au-delà de ses préjugés pour comprendre réellement ce qui est en jeu actuellement ?

 

Certes, ils

 

En dehors de cette polémique, se pose surtout le problème de l'information/orientation scolaire, destinée à être rattachée au Pôle emploi, avec les Missions locales (gérées par les départements et qui ont vocation de s'occuper des jeunes sans solution de 16 à 25 ans).


Comme je l'écrivais dans un précédent billet, je suis d'accord pour une rationalisation et une centralisation de tous les services d'information et d'orientation, plus pratiques (et logiques) pour les usagers (car nous sommes "quand même" un service public, ne l'oublions pas, et je souffre de voir les personnes qui se présentent ballottées entre  Pôle emploi et Mission locale).

 

Mais pas n'importe comment : lorsque l'on sait que les Pôles emploi débordés n'arrivent plus à faire correctement leur travail, l'avenir s'annonce bien sombre pour l'orientation.

Outre les bavures des radiations abusives , la pression est telle que les employés en sont poussés à radier les demandeurs d'emploi, soutenus en cela par des primes au rendement de radiation (un employé de pôle emploi explique le mécanisme ici).

A tel point que des sites spécialisés ont été créés pour répondre à la demande croissante de recours contre ces manoeuvres...

 

S'ils ne peuvent pas faire correctement leur travail, quid de la mission "d'orientation et d'information tout au long de la vie" qui va leur être attribuée en plus ?

Sans compter que dans ce genre de manipulation (voir la fusion CDES/COTOREP pour devenir la Maison départementale des personnes handicapées - MDPH), nombre de postes sautent au passage pour arriver à  l'équation plus de travail/moins de personnels = service public en déshérence.

 

Même si je ne suis pas une syndicaliste dans l'âme, je me rends compte que tout va de mal en pis dans une partie du service public, qui bientôt n'en aura plus que le nom.

Certes, il faut réorganiser les choses, certes, il est possible de faire des économies en rendant un système devenu redondant plus performant, mais dans ce cas, que l'Etat s'en (et nous) en donne les moyens, au lieu de serrer des boulons en force et de détruire ce qui existe déjà.

 

Je reproduit ce texte avec l'accord de son auteur.

 

 

 

Sans faire de science fiction voici ce que cela va devenir ou l’histoire de Monsieur Dupont.

Monsieur Bernard Dupont enseigne l’histoire et la géographie, il est professeur principal depuis 2005 dans un collège de la grande banlieue toulousaine.

 

En 2004-2005, il est professeur principal pour la 1ère fois de sa classe de 3ème.

Il rencontre souvent la COPsy, il lui arrive même d’avoir des réunions d’équipe pédagogique pour quelques élèves en difficulté avec la COPsy et le CPE, voire a une ou deux reprises l’assistante sociale. Un travail en complémentarité est mis en place.

 



En 2008-2009, le travail amorcé les années précédentes continue, néanmoins la COPsy n’est pas remplacée pendant son congé de maternité.

Il doit avoir avec chaque élève et leur famille un entretien d’orientation. De fait il se limite aux questions de niveaux scolaires et conseille souvent aux familles de prendre un rendez vous avec la COPsy.

 

 


En 2009-2010, en plus des entretiens personnalisés, il doit mettre en place le PDMF, aider à la recherche de lieux de stages d’observation d’une semaine, en faire à la fois la préparation et le bilan.
Il n’y a pas d’heure de vie de classe et tout cela se fait dans le cadre de son cours.

Monsieur Dupont commence à douter de son rôle de professeur principal.

 

 


En 2010-2011, la COPsy est venue en début d’année pour aider les équipes à moduler le PDMF en fonction de l’expérience de l’année dernière.

Elle ne vient plus qu’une demi-journée par mois, et ne rencontre que les élèves handicapés, ou susceptibles d’être scolarisés en EGPA, ou décrocheurs.

Elle passe de longs moments avec l’équipe de direction du collège, qui s’est fait remarquer pour un taux de redoublement trop élevé (3.5%).

Le contact avec les enseignants, voire les élèves et les familles se fait donc surtout par messagerie électronique.

Il est vrai qu’elle n’est plus remboursée pour ses frais de déplacements, et cela fait plus de 50KM aller retour du CIO.

Néanmoins le CIO existe encore pour quelques mois et elle peut y recevoir les élèves. La COPsy étant sur d’autres missions, Monsieur Dupont doit gérer seul les projets d’orientation de ses élèves, projets plus ou moins construits, et plus ou moins réalisables.

La COPsy n’est plus là pour prendre en compte l’élève dans sa globalité, l’aider à construire son projet.

Monsieur Dupont a bien du mal assurer les deux rôles, celui d’enseignant, forcément transmetteur de savoirs et évaluateur, et celui de conseiller d’orientation-psychologue dont il n’a ni les connaissances, ni la qualification.

 

 


En 2011-2012, le CIO a déménagé pour être intégré dans le réseau s’occupant d’orientation, d’insertion et d’emploi ; il est plus loin.

Cette grosse structure rassemble les personnels des anciens CIO toulousains (ou du moins ce qu’il en reste, car pour 10 départs à la retraite un seul est remplacé), des missions locales et du pôle emploi, ainsi qu’une antenne de la chambre des métiers pour l’apprentissage.

Les locaux sont insuffisants, mais les personnels font des permanences dans les mairies, et une fois par mois dans les établissements où les élèves à besoins particuliers sont nombreux (établissements ayant une UPI, les classes pour élèves nouvellement arrivés en France et les collèges ambition réussite).

Pour obtenir un rendez vous, c’est difficile car ce lieu est surtout fréquenté par les adultes en recherche d’emploi.

Le personnel est en lien avec le service dématérialisé pour recevoir tous ceux qui n’ont pu être renseignés par téléphone ou messagerie.

Les familles sont reçues dans des petits box peu isolés, et cela crée un lien particulier entre orientation et chômage d’avoir un échange sur les projets d’avenir d’un jeune de 15 ans en entendant de part et d’autres les autres consultants évoquer leurs problèmes d’emploi.


A côté du collège et du lycée, un cabinet de coaching, tenu par deux psychologues vient de s’ouvrir, les élèves et leur familles peuvent y passer des tests d’intérêts.

Le bilan coûte 200 euros. Les informations sur le système de formation sont limitées, car ces psychologues exercent en libéral, et ne sont pas psychologues de l’Education nationale comme le sont les COPsy.

En fait d’un élève à l’autre le bilan est toujours assez formaté, mais les familles préfèrent cela au rendez vous au pôle emploi, pour celles bien sûr qui peuvent se le permettre.

 


Ah, j’allais oublier : Monsieur Dupont a jeté l’éponge, il n’est plus professeur principal. Il faut dire qu’avec 3 heures supplémentaires imposées et la découverte d’une autre discipline (et oui la bivalence vient d’être mise en place à titre expérimental !), plus l’annualisation du temps de service, Monsieur Dupont en a assez !


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Published by Cybione - dans Coups de gueule
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commentaires

jardin zen 13/10/2010 23:29



la-men-table ,à pleurer .....
plus que du démantellement ....de la démolition .....!
bizzzzzzzzzz



Cybione 15/10/2010 11:19



Et ce n'est  pas fini, malheureusement.


Notre système avait ses défauts, mai sau moins l'accès à l'éducation pour tous était assuré.



fée des agrumes 11/10/2010 10:54



Ouai, et que dire de la situation de la formation continue? des enseignants contractuels depuis belle lurette  qui bossent comme des malades sans les moyens matériels (locaux,
photocopieuses, budget ressources et cie, ...) les vacances, les primes, les salaires, la titularisation et autres caractéristiques des fonctionnaires?


Je me demande vraiment dans quelle société nous vivons et celle que nous préparons... en est- ce seulement encore une?



Cybione 11/10/2010 16:11



Ou celle dans laquelle l'argent sera roi ?


Triste futur que nous nous préparons là.



sido 11/10/2010 08:40



Ahurissant tableau ! Quelle dégradation ! Prof à la retraite depuis quelques années, tout au long de ma carrière j'ai assisté à la dévalorisation progressive des enseignants, au surcroit de
charges (n'en déplaise à ceux qui ne voient que les vacances) mais ces derniers temps c'est pire car il leur faut aussi composer avec des influences extérieures nocives, auxquelles s'ajoutent les
directives ministérielles pondues sans contact avec le terrain, les absurdités des réformes prétenduement adaptées à "l'évolution" des élèves, la dimution des moyens ; Ne manquait plus que le
démantellement : on y arrive ! On comprend l'écoeurement des jeunes profs. Lamentable et surtout grande injustice pour ceux qui en sont victimes, l'enseignement public accessible à tous devenant
le parent miséreux en charge de toute la misère des plus faibles !



Cybione 11/10/2010 16:08



Eh oui, malheureusement.