Ou plutôt, je décide dans ma tête, que je DOIS maigrir.
Il est vrai que ces kilos superfétatoires m'alourdissent et le corps et la tête.
Je me sens grosse, lourde, moche et vieille, enfin, pas toujours, je vous rassure : surtout quand je me regarde le matin dans ma glace (en pied, elle ne m'épargne aucun de mes bourrelets), le pire restant mon ventre, qui se ballonne et gonfle à la moindre contrariété (et même sans contrariété, d'ailleurs).
Donc, régulièrement, je me mets au régime, pour recraquer de plus belle quelques jours après.
Et je me lamente, me fustige d'être aussi faible, incapable de tenir mes résolutions.
Donc, avec le nouvel éclairage que j'apporte à la vie, je me suis regardée et qu'ai-je vu ?
Une petite fille, malheureuse et chamboulée en ce moment et qui, en plus, veut plier son corps (qui n'en demande pas tant) à sa volonté.
D'abord, pourquoi ai-je ainsi grossi ?
Parce que rien n'est innocent : si je grossis, c'est que je le veux, consciemment ou pas.
Parce que je ne grossis pas toute seule : augmentation ou changement de nourriture, troubles de l'assimilation de celle-ci, arrêt de toute activité physique... les causes sont multiples.
Il est tellement facile de se plaindre d'une cause extérieure à soi (les hormones, ma chère dame) alors que nous somatisons ce que nous ressentons.
Si je grossis, est-ce pour me protéger, en m'enrobant de graisse, pare-chocs interposé entre moi et le monde extérieur ou est-ce pour m'imposer (je prends plus de place, ainsi "gonflée"), montrer que je suis là ?
Ce peut être aussi parce que la petite fille ne se trouve pas belle et veut le prouver au monde extérieur : "regardez, je suis moche, donc j'ai raison de me trouver moche", en témoigner à la vue de tous.
Sans parler du "vous voyez, je suis faible, je n'y arrive pas", qui déplaît fortement à nos conjoints qui ne comprennent pas, et notre volonté de maigrir, et notre appétit pour le saucisson (ou les gâteaux, ou... tout ce qui fait grossir).
Toutes deux sont des témoignages d'auto-dénigrement, d'auto-destruction.
Il est d'ailleurs symptômatique que tout ce gras soit focalisé sur mon ventre, siège traditionnel de la sérénité et de l'équilibre par la médecine asiatique (siège du hara) et possédant une importante colonie de neurones (à tel point que ce système nerveux entérique est considéré maintenant comme un second cerveau par les scientifiques)
Cela témoigne donc que mon équilibre intérieur est donc compromis, ce que je ressentais d'ailleurs depuis longtemps.
Donc maintenant, j'ai décidé je fais des affirmations positives que je verbalise à haute voix (quand je suis seule, je vous rassure) : je suis belle, mince, même si je ne le crois pas.
Car ainsi, je remonte dans mon estime, car il est vrai que penser "positif" vous élève.
Et le "même si je ne le crois pas" me permet de parler vrai : en ce moment, je ne me sens pas belle, même si je le suis certainement quand même.
Ainsi, je bannis toute formulation négative du style "je ne ... plus", l'esprit ne retenant pas la négation mais le sujet (le "je ne mange plus des cochonneries" est enregistré comme "je mange des cochonneries").
De même, je ne me projette plus dans le futur (je vais...) : ce que j'affirme , je le fais dans le présent, dans l'instant,
Je ne doute plus non plus de moi : exit les je vais essayer , témoins inconscients d'un échec programmé (je sais que je ne suis pas capable d'y arriver, donc je me contente d'essayer).
Et je reste à l'écoute de mon corps et n'essaye plus de le contraindre par la force de mon esprit (ah ! les redoutables je dois, je veux, il faut ...).
Corps et esprit ne font qu'un et ils doivent "marcher" ensemble, sans que l'un prédomine sur l'autre.
C'est d'ailleurs ce que disent toutes les méthodes un tant soit peu sérieuses pour maigrir : attendez d'être prêt (mais je le suis toujours... et jamais).
J'ai juste trouvé (pas toute seule, je vous rassure) une autre formulation : aidez-moi à maigrir, si c'est juste.
(ce pourrait être aussi "si c'est bon pour moi") adressée comme une prière à, quoi au juste ? la vie ? le monde ? l'univers ? je ne sais au juste, mais certainement pas à une déité quelconque.
Simplement, je m'en remets à mon corps pour savoir ce qui est bon pour lui, sans vouloir cette fois le contraindre ou le forcer.
Car telle est la force première de la prière, reprise d'ailleurs par toutes les religions.
En attendant, je viens de courir/marcher une demi-heure ce matin, en profitant du soleil eet du beau temps, l'esprit vide, en communion avec la nature.
Car je me mets au jogging, tout doucement, à mon rythme de débutante.
Je ne dis plus ce que je vais faire, je le fais, tout simplement.
Bonne journée...
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Bref, pour en revenir à mon propos, ce fut un jour où la loi de Murphy (autrement appelée
« loi de l’emmerdement maximum » a joué à plein.
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