Photographie provenant de FlickR
Aujourd'hui, je n'ai pas le moral, et je déprime.
Eh oui, je suis une espèce atypique : contrairement à tous les fonctionnaires qui travaillent peu et aimeraient en faire encore moins (pas tous, heureusement, mais j'en connaîs une flopée dans
certain corps de l'Education nationale), je me languis car je n'ai pas de travail.
J'en parlais déjà il y a quelques mois, et croyais m'y être faite, à tel point que penser à changer de job ne me plaisait guère, mon poste étant sur la sellette.
En fait, ma plus grande peur était de refaire des heures de trajet (non rémunéré) pour me retrouver avec un salaire net de misère, non d'avoir un job plus utile.
Et franchement, je ne comprends pas comment font mes collègues qui supportent cet état de fait depuis des années, voire des décennies, souvent en emmènant du travail "personnel" à faire.
Certes, je l'ai fait (et le fait encore)-heureusement pour ma santé mentale-, mais je dois avouer que je me sens mal dans mes baskets, cette conception du travail ne correspondant pas à mes
valeurs personnelles de rigueur.
Mon job ? tenir une coquille vide la plupart du temps, être au service du public, absent, ou répondre au téléphone (1 ou 2 fois par jour).
Ah ! Et ouvrir quelques enveloppes de courrier qui finiront pour la plupart à la poubelle.
Certes, heureusement, il y a des pics d'activité, mai c'est tellement rare !
Et attendre, le plus souvent seule, ... un appel d'une collègue, le passage d'un voisin ou l'heure de la fermeture.
Le pire ? Ce sentiment de vacuité, et la fatigue mentale, omniprésente, qui me submerge.
A tel point qu'arrivée chez moi, je n'ai plus d'énergie pour entamer quelque travail que ce soit.
Car, et malgré ce que vous diront tous les envieux qui demandent de quoi vous vous plaignez, il n'y a rien de pire pour le moral (enfin le mien) que de ne RIEN avoir à faire.
Pire, de devoir le cacher devant mes collègues en bousinant.
Car elles ne le comprennent pas : après avoir lâché une fois devant l'une d'elles "je m'ennuie", elle n'avait cessé de me lancer des petites piques du style "puisque tu n'as rien à faire,
tu pourrais...".
Alors que je leur avais auparavant demandé si elles pouvaient me fournir des choses à faire. La plupart du temps, elles m'ignorent, plongées dans leur travail propre.
Je me suis inscrite au mouvement des mutations avec, en vue, un poste de responsabilités sur lequel je n'aurai pas de temps libre, au contraire... le bonheur !
Mais sera-t-il libre ? Et aurai-je le cas échéant suffisamment de points d'ancienneté pour l'avoir ? Réponse en juin.
Car, en camapgne, les places sont rares, surtout avec les fermetures de postes prévues les prochaînes années (certaines totalement justifiées, comme le mien, d'autres irréalistes, le travail
devenant surcharge pour les personnels restant). Donc, je croise les doigts, en essayant de prendre de vitesse ma prochaîne mutation forcée.
Et en ce moment, en plus je suis "handicapée" .
Je le dis en plaisantant, par égard à ceux qui souffrent réellement d'un handicap, néanmoins ne pas pouvoir se servir de la main droite, emmaillotée dans une orthèse est vraiment génant : dès
qque je la retire ou essaie de souleverquelque chose d'un peu lourd, ma tendinite me rappelle immédiatement à l'ordre. En plus, pour qu'elle guérisse, je ne devrais RIEN faire pour la réveiller
(tiens, c'est vraiment la journée des riens aujourd'hui).
De plus, j'ai arrêté depuis quelques mois tout sport (après une première tendinite -de la cheville- en voie de guérison) et me retrouve souvent seule à la maison alors que cherettendre fait des
tournois de billar et autre sport.
Donc, à la maison, entre ce que je ne peux pas faire et mon manque d'envie, je sombre.
A part ça, tous les soirs, je cours, entre la débauche et la rentre à la maison, entre courses, kiné (3 fois par semaine) et maintenant véto.
Notre vieille chienne est malade et nécessite des examens et soins : elle boit des seaux d'eau (évidemment, je la rationne, sinon elle boirait facilement ses 10 litres journaliers), refuse de
manger (enfin, ses rations, pas celels des chats ou nos restes, le tout lui étant formellement interdit pour cause de troubles chroniques de la digestion).
De plus, elle nous réveille plusieurs fois par nuit, demandant à boire, puis à sortir, puis à boire...
Je dois avouer que ces petites nuits ne font rien pour amélioerer mon moral, celui-ci étant directement lié à mon état de fatigue : je pleurerait pour un rien en ce moment, signe d'épuisement
moral et de fatigue.
Cerise sur le gâteau : le fiston est revenu à l'hôtel la maison, imposant une tension supplémentaire non négligeable : les disputes
ont repris depuis son arrivée, alors que nous appréciions la tranquilité retrouvée.
Car priorité étant donnée à son ordinateur, il faut que je lui ressasse les corvées (pourtant bien visibles, telle la vaisselle -que là encore je ne peux manipuler) à faire.
Cherettendre revenant crevé après des journées de 10 à 11 heures ne demande que le calme, ce qu'il est loin d'avoir, de même que des nuits reposantes.
Bref, c'est la fête !
Bon, j'arrête là mon lamento désespérant.
mais je vous assure que je souffe.
Et que je ne puis en parler autour de moi, la réponse étant invariablement "de quoi tu te plains ? Beaucoup aimeraient être à ta place !"
Alors que je demande juste d'avoir un travail en rapport avec mon expérience et qu'au moins JE SERVE A QUELQUE CHOSE !